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François BAUDIER
5 mars 2026
Nous avons posé 3 questions à Joël Leroy

Nous avons posé 3 questions à Joël Leroy

Joël Leroy est médecin infectiologue. Il a travaillé durant de nombreuses années dans le service des maladies infectieuses du CHU de Besançon. Aujourd’hui, il est particulièrement mobilisé sur la vaccination en général au sein du centre de vaccination polyvalente du Doubs et sur la vaccination HPV /méningocoque en collège dont la nouvelle campagne a débuté en janvier 2026.

1. Pouvez-vous nous dire quelle est votre implication actuelle dans le nouveau Centre de vaccination polyvalent du Doubs ?

Mon rôle consiste à la coordination médicale des équipes du centre de vaccination polyvalente et de la campagne HPV, méningocoque ACYW dans les collèges. L’implication des collègues de ville dans la vaccination contre le papillomavirus et les méningites ACYW est aussi un gage de réussite d’un couverture vaccinale optimale pour les populations cibles.

Nous sommes une équipe pluridisciplinaire composée de trois personnes, une secrétaire et une infirmière vaccinatrice, à temps complet et moi-même en tant que médecin coordinateur à 40 %. Outre les collèges, le centre de vaccination polyvalente a pour mission d’aller vers les populations isolées du soin ou migrantes y compris sans couverture sociale. Nous sommes aussi aidés dans notre action par Madame Lagoutte-Verrier, cheffe de service du centre de santé.

Je participe à ces différentes actions dans les limites de mon temps imparti. Je suis disponible pour répondre aux éventuels questionnements des médecins vacataires ou des infirmières sur la vaccination. J’ai aussi pour mission d’aider l’infirmière vaccinatrice à être en autonomie. J’ai la charge d’établir les protocoles de vaccinations et de rattrapage. Toute l’équipe avons à cœur de promouvoir la vaccination en direction du grand public et des professionnels de santé.

2. L’importance du geste vaccinal n’est pas toujours comprise par certaines personnes, de quelle façon peut-on lever aujourd’hui les freins à la vaccination ?

La réticence vaccinale ne relève plus uniquement d’un défi d’information scientifique. Il s’inscrit désormais dans une problématique plus large de confiance, de perception du risque et des rapports aux institutions. Si la vaccination demeure l’un des outils les plus efficaces de santé publique, la compréhension du geste vaccinal reste parfois freinée par des doutes, des croyances ou un manque d’information. Il faut donc améliorer l’information et la pédagogie. Les professionnels de santé de proximité jouent un rôle essentiel. Une intervention exclusivement axée sur la communication de renseignements pratiques et logistiques sur la vaccination a peu de chances d’être efficace si on ne tient pas compte des convictions de la personne.

Dans un premier temps, il s’agit d’établir un dialogue en écoutant, de manière bienveillante et sans jugement, de laisser le patient s’exprimer sur ses doutes et ses inquiétudes concernant la vaccination. Montrer ensuite au patient que l’on a bien compris ses messages en résumant en quelques mots ce qu’il a exprimé. Répondre à ses questionnements et uniquement ceux-ci sans les minimiser. Le professionnel doit utiliser un langage simple et facile adapté au patient sans l’inonder de chiffre ou de statistique. Il faut rester très transparent dans nos réponses concernant les doutes du patient, y compris au sujet de la balance bénéfice risque des vaccins. Il ne s’agit surtout pas d’imposer notre point de vue mais de dialoguer, ce qui peut permettre de faire évoluer la décision d’un patient hésitant.

3. Vous êtes actuellement mobilisé pour la vaccination HPV en collège. Comment cela se passe-t-il ? Quelle complémentarité avec vos collègues qui vaccinent en ville ?

Cette 3e campagne de vaccination contre le papillomavirus (HPV) et les méningocoques ACYW se passe bien. Nous sommes très bien accueillis par les directeurs et les infirmières scolaires des établissements. Nous sommes aussi aidés dans cette tâche par des collègues médecins et infirmières vacataires.

Si on constate une diminution du nombre d’inscriptions depuis la première campagne, il y a probablement plusieurs explications et notamment une prise en charge de ces vaccinations par les collègues de ville. Le dernier bulletin épidémiologique de Santé Publique France, du 12 février 2026 montre des résultats qui restent encourageants.

En tenant compte des vaccinations réalisées en ville et au collège, la couverture vaccinale (CV) contre les infections à HPV pour les enfants nés en 2012 et affiliés au régime général de l’assurance-maladie était à l’issue de cette campagne, en Bourgogne Franche-Comté, de 57% pour les filles (+ 19 points) avec au moins une dose et de 40 % (+ 20 points) pour deux doses. Pour les garçons, la CV était de 46% (+17 points) avec au moins une dose et de 31 % (+17 points) pour deux doses. Ces résultats soulignent l’importance de reconduire ses campagnes en milieu scolaire mais aussi de renforcer la communication autour de celle-ci aussi bien en direction des parents que des collègues de ville et ce pour atteinte l’objectif de 80 % de la population cible à l’horizon 2030.

À savoir : Un dispositif local de vaccination à relayer auprès de vos patients

Dans la continuité de ces enjeux de prévention et d’amélioration de la couverture vaccinale, les professionnels de santé peuvent également orienter leurs patients vers le Centre de Vaccination Polyvalent du Doubs, qui organise des permanences de vaccination sur l'ensemble du département.

Ce dispositif propose :

  • un service public de vaccination gratuit
  • la vaccination pour tous à partir de 6 ans, sans condition de droits
  • des interventions mobiles dans le Doubs
  • Sur rendez-vous sans ordonnance

Les lieux et dates de vaccination sont consultables ici : https://centredevaccinationdoubs.my.canva.site

Le flyer détaillant ces informations peut être consulté et relayé auprès des patients et partenaires ci-après.

En complément des informations pratiques du flyer et des éclairages de Joël Leroy sur la vaccination en collège, il est important de souligner les initiatives locales menées par la CPTS CaPaciTéS. Lors de la rencontre du 26 février 2026 avec le centre polyvalent de vaccination, les professionnels de santé de Planoise ont identifié freins et leviers pour la vaccination HPV et Méningocoque et ont posé les bases d’actions concrètes de sensibilisation. La CPTS CaPaciTéS poursuit ainsi son engagement pour faciliter l’accès à la vaccination et renforcer l’information des familles et des acteurs de santé sur le territoire.

Documents
icoPaperclip32Dark Flyer Général CVP final.pdf
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